Physiographie
Le bassin versant de la rivière des Envies chevauche deux provinces naturelles distinctes. La portion du bassin située au nord de la municipalité de Saint-Tite fait partie du Bouclier canadien alors que la portion du territoire au sud de cette municipalité est située dans les basses-terres du Saint-Laurent. À la jonction des deux provinces naturelles, on remarque un changement important au niveau de la morphométrie et du patron d’écoulement de la rivière des Envies qui est méandrée en amont de Saint-Tite et rectiligne en aval.
Physiographie du territoire
| Province naturelle | Relief | Patron d'écoulement des cours d’eau |
|
|---|---|---|---|
| Nord de Saint‑Tite |
Bouclier canadien | Collines Plateaux Dépressions Massifs plus élevés Vallées |
Bouclier : rectiligne Piedmont : méandrée |
| Sud de Saint‑Tite |
Basses-terres du Saint-Laurent | Vaste plaine Quelques collines |
Rectiligne et encaissée |
Topographie
La portion du bassin versant qui fait partie du Bouclier canadien est située au nord de la municipalité de Saint-Tite. Elle est caractérisée par de multiples assemblages de collines, plateaux, dépressions, quelques massifs plus élevés et vallées. Dans le Bouclier canadien, l’altitude la plus élevée est d’environ 470 mètres et se retrouve au nord du lac Archange et du lac Fontaine. Le lac du Jésuite, qui est le lac de tête du bassin versant, a une altitude de 150 mètres.
Pour sa part, la portion du territoire des basses-terres du Saint-Laurent est située au sud de la municipalité de Saint-Tite. Ce territoire est caractérisé par une vaste plaine, sporadiquement interrompue par de petites collines. L’altitude la plus élevée dans la plaine du Saint-Laurent est d’environ 240 mètres et elle se situe près du lac des Chicots à Sainte-Thècle.
À l’embouchure de la rivière des Envies, dans la rivière Batiscan à Saint-Stanislas, l’altitude est d’environ 100 mètres, ce qui représente une dénivellation de 50 mètres sur un peu plus de 58 kilomètres entre le lac de tête et l’embouchure de la rivière (0,086% de pente).
Géologie
Le Bouclier canadien correspond aux racines d’un puissant massif de montagne mis en place il y a plus d’un milliard d’années, mais fortement érodé depuis. Ce territoire est constitué d’un assemblage de collines, plateaux, dépressions et quelques massifs plus élevés. L’assise géologique est constituée de roches intrusives très métamorphisées (gneiss) recouverte de dépôts glaciaires minces. Ceux-ci recouvrent la plus grande partie du territoire des Laurentides méridionales; ils sont associés à des affleurements rocheux au sommet des collines et des massifs. La majorité des fonds de vallée sont comblés par des dépôts de sable et de gravier.
Au sud des Laurentides, est sise la province naturelle des basses-terres du Saint-Laurent. Cette province naturelle forme une vaste plaine localement interrompue par des collines dont l’altitude est généralement inférieure à 150 m. Les basses-terres reposent sur une plate-forme de roches sédimentaires composées de dépôts marins (Mer de Champlain), de dépôts glaciaires ainsi que de tourbières (Li et Ducruc, 1999).
Le contact géologique entre ces deux provinces naturelles est souvent souligné par des failles dans lesquelles les cours d’eau peuvent circuler, comme c’est d’ailleurs le cas pour la rivière des Envies entre les municipalités de Sainte-Thècle et de Saint-Tite.
Dépôts de surface
Les dépôts de surface correspondent au matériel meuble au-dessus du socle rocheux. Ce matériel est de composition et d’épaisseur variable; c’est à partir de celui-ci que se sont mis en place les sols du Québec. En l’absence de dépôts de surface, c’est le roc qui affleure. Outre le roc, les dépôts morainiques provenant du retrait progressif des glaciers sont très présents dans les hautes-terres du bassin versant. Dans la partie des basses-terres, les dépôts d’argiles et de limons marins de la Mer de Champlain dominent (Li et Ducruc, 1999). Les sols du bassin agricole sont constitués d’argiles marines associées à un relief relativement plat et de sables deltaïques associés à un relief légèrement ondulé au pied du Bouclier. Des alluvions et des dépôts morainiques viennent compléter la majorité des sols cultivables du bassin versant.
SAVIEZ-VOUS QUE…
Les alluvions sont des sédiments qui proviennent de l’érosion survenue en amont et qu’ils sont transportés par les cours d’eau.
Géomorphologie
Les cours d’eau du Bouclier canadien ont tendance à suivre des vallées rectilignes et encaissées. Dans la plaine, ils sont par endroit moins encaissés mais plus sinueux et méandrés, comme c’est le cas de la rivière des Envies. De plus, le territoire du bassin versant témoigne du retrait progressif des glaciers par la présence de moraines. La plus importante est la moraine de Saint-Narcisse qui n’est qu’à quelques kilomètres au sud du bassin versant. Pour leur part, les moraines présentes sur le territoire du bassin versant sont beaucoup moins imposantes mais plus récentes. En outre, le lac à la Tortue serait le vestige d’un ancien lac beaucoup plus grand qui, après le début de la retraite du glacier, occupait une grande partie de l’espace marécageux des environs du lac d’aujourd’hui (Béland, 1961).